Le RTPS, vous tombez dessus quand vous cherchez un peu ce qui se passe en matière de santé de proximité en Normandie. Et franchement, c’est pas juste un énième sigle administratif. C’est un dispositif concret, né en 2020, qui essaie de faire bouger les choses là où les gens vivent vraiment.
En tant que type qui passe son temps à décortiquer les casinos, les machines et les règles du jeu responsable imposées par l’ANJ, je croise souvent la question de la santé des joueurs. Pas seulement les probabilités ou le taux de retour, mais ce qui se passe quand le divertissement dérape. Les addictions font partie du paysage, et les structures locales comme le RTPS ont leur rôle à jouer dans la prévention. On va voir ça de près.
D’où vient ce réseau et pourquoi il existe
L’idée est partie de l’Agence Régionale de Santé Normandie et de la Région Normandie. Ils ont lancé huit RTPS pour mailler toute la région. Pas au hasard : certains territoires ont été choisis parce que leurs indicateurs de santé montraient des fragilités plus marquées. L’objectif ? Faire descendre la promotion de la santé au niveau des intercommunalités, là où les gens se croisent vraiment.
Parce que la promotion de la santé, ce n’est pas que distribuer des flyers sur les légumes ou le sport. C’est agir sur tout ce qui influence le bien-être : l’environnement, le logement, l’accès à l’emploi, la cohésion sociale. L’OMS le dit depuis longtemps : la santé, c’est un état de bien-être physique, mental et social. Pas juste l’absence de maladie.
Ce que le RTPS fait concrètement au quotidien
Les missions sont claires et plutôt pratiques.
D’abord, ils créent des liens entre des mondes qui ne se parlent pas toujours. La santé avec l’urbanisme, le sport, l’insertion, l’éducation, la petite enfance. Le but : que les actions ne se marchent pas dessus et que les acteurs se connaissent un minimum.
Ensuite, ils accompagnent les porteurs de projets. Vous avez une idée pour monter un atelier, une campagne, une action de prévention ? Ils aident à poser le diagnostic, à construire le truc, à chercher des financements, à trouver des partenaires et à évaluer si ça a marché. Surtout quand il s’agit de toucher les populations les plus vulnérables.
Et puis il y a le volet sensibilisation et formation. Ils rappellent les concepts clés : empowerment, littératie en santé, santé mentale, addictions. Ils orientent vers des formations existantes, diffusent les infos qui circulent à l’échelle régionale, et gèrent des points relais documentaires avec des outils prêts à l’emploi sur l’alimentation, la vie affective et sexuelle ou les addictions.
Le tout sans être dans le soin direct. C’est de la promotion et de la prévention, pas du traitement.
Huit territoires, huit coordinateurs
Le maillage est précis. Il y a un RTPS par grand secteur :
- Agglo Seine Eure avec Christelle Debard Oudot
- Côte Ouest Centre Manche et Baie du Cotentin avec Lisa Hervy
- Fécamp Caux Littoral et Côte d’Albâtre avec Béatrice Decelle
- Lisieux Normandie avec Cassandra Normand-Chambré
- Normandie Sud Eure avec Soline Lelièvre
- Pays d’Auge Nord – Côte Fleurie avec Luigi Romildo
- Terres d’Argentan Normandie avec Phoebé Collet-Fiblec
- Évreux Portes de Normandie avec Alexandre Baixe
Chaque coordinateur est rattaché à une structure locale, souvent un centre hospitalier ou une interco. Ça permet d’être proche du terrain et de réagir vite aux besoins spécifiques de chaque coin.
Le lien avec les casinos et le jeu responsable
Voilà où ça m’intéresse personnellement. Les opérateurs de casinos agréés par l’ANJ ont des obligations strictes en matière de jeu responsable. L’Autorité Nationale des Jeux surveille les plans d’action, les outils d’auto-exclusion, la protection des mineurs et la lutte contre le jeu excessif. C’est la loi.
Mais la réalité, c’est que l’addiction au jeu d’argent fait partie des conduites addictives plus larges. Et en Normandie, des journées régionales sont organisées précisément sur ce sujet, avec des acteurs comme la Fédération Addiction. Les RTPS, eux, intègrent les addictions dans leurs thématiques de travail. Ils ne sont pas là pour gérer les joueurs problématiques un par un, mais ils contribuent à créer un environnement où la prévention est plus accessible, plus territoriale.
Un opérateur attentif ou un joueur qui veut rester dans le cadre du divertissement a tout intérêt à savoir que ces réseaux existent. Ils peuvent servir de relais pour des actions de sensibilisation locales ou pour orienter vers des ressources quand ça commence à déraper. C’est complémentaire aux dispositifs nationaux. Le jeu reste un loisir, mais il faut que les filets de sécurité soient solides et connus.
Comment joindre le RTPS le plus proche
Si vous êtes professionnel et que vous portez un projet de prévention ou de promotion de la santé, le plus simple est de passer par le site promotion-sante-territoire-normandie.org ou de contacter directement le coordinateur du territoire concerné. Certains RTPS ont leur propre page ou newsletter, comme celui de Lisieux. Les coordonnées circulent aussi via les agglomérations et les ARS locales.
Pour les particuliers, c’est plus indirect : ces réseaux travaillent avec les acteurs de terrain qui, eux, sont en contact avec le public.
Notez au passage qu’il existe aussi des sociétés privées qui portent le même sigle RTPS (des boîtes de rénovation ou de travaux publics), mais dans les résultats de recherche et dans le contexte normand, c’est très clairement le réseau de promotion de la santé qui revient en premier.
Au bout du compte, ces dispositifs montrent que la santé ne se décide pas seulement à Paris ou dans les grands hôpitaux. Elle se construit aussi à l’échelle des intercommunalités, avec des gens qui connaissent le territoire. Et dans le monde des casinos comme ailleurs, plus on comprend ces maillages locaux, plus on peut jouer (ou faire jouer) de façon vraiment responsable.